Nuits blanches sur la Taïga – Mai 2015

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NUITS BLANCHES SUR LA TAIGA

Du 25 au 29 mai 2015

800 km au nord de Moscou, en direction d’Arkhangelsk, nous quittons la capitale vers 20H00, passons une soirée très agréable entre filles et la nuit dans le train. Nous atteignons la gare de Nyadoma vers 10H00. Là, notre chauffeur Nikolaï nous prend en charge et nous conduit sur Kargopol. Visite du village accompagné d’Aleksei et premier Master class de peinture sur jouets locaux, chacune lancée à son œuvre.

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Déjeuner et route pour le parc national de Kenozero à 150 km… dont 80 de piste précise le chauffeur… Nous arrivons à 17H30, un peu cassées, et découvrons le village. Nous logeons dans un petit hôtel, où Anna nous accueille. C’est elle qui a composé nos visites pour les prochains jours au parc. Les chambres distribuées, nous partons à travers champs, découvrons l’amour d’église St Nicolas qui est le « phare » de notre village Vierchinino. Nous profitons ensuite du Bania Russe avant le diner et terminons notre soirée par un rassemblement de tous les occupants de l’hôtel.

Départ sous un ciel magnifique aux couleurs d’orage .Visite du village Vershinino avec la chapelle St-Nicolas de XVIII siècle, symbole du parc national Kenozerski. Nous embarquons sur un bateau à fond plat pour caboter le long des rives découpées du lac et découvrir d’autres villages. Toutes les maisons sont en gros rondins de bois noircis par le temps, certaines s’écroulent, d’autres sont retapées.

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A chaque village, une magnifique petite église tout en bois, située dans un endroit harmonieux et paisible. Visite de l’ile aux Ours avec la chapelle St Basile du XIX siècle, du village Zekhnovo et de sa chapelle St Jean du XVIII siècle ensuite visite du village Tarishkino où se trouve la chapelle de la Dormition la plus petite de Russie, et enfin visite de la chapelle St Paraskeva du XVIII siècle. A notre retour, nous assistons à la livraison des bouteilles de gaz au village. Apres le déjeuner, visite des ateliers reconstitués du charpentier, du forgeron et du potier. Bania russe, diner et soirée jeux avant notre dernière nuit au village.

Le lendemain, départ en bateau de nouveau pour explorer les villages du nord du lac. Elizabeth, notre guide du jour, nous conte son enfance, où elle avait 3 km à faire à pied à travers la forêt pour attraper le bac qui lui faisait traverser le lac pour aller à l’école, où elle était pensionnaire la semaine. L’hiver, elle traversait le lac gelé à pied. Tous les villages ont des connotations. Ainsi la chanson qu’elle nous fredonne, où la jeune fille liste à son père les avantages et les inconvénients des garçons de chaque village : ceux de XXX sont vaillants mais c’est bien loin, ceux de YYYY sont bien faits mais paresseux, ceux de ZZZ partent à la guerre pour Moscou.

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Dans les villages où elle nous emmène, elle semble connaître bien des gens. Nous croisons des babouchkas occupées aux travaux des jardins.

Nous pénétrons dans une petite église où la voûte est peinte en bleu et où chaque partition décrit les apôtres et les saints : les portraits sont plus humains et plus figuratifs que ceux qu’on peut voir sur les icônes.

Tendus sur des cordes, de nombreux tissus sont en fait des offrandes des villageois. Certains semblent raconter leur histoire, ainsi cette étoffe pour enfant, avec nounours et éléphant, où on a brodé une croix rouge avec ferveur… 

 

Nous reprenons le bateau pour débarquer un peu plus loin, près de cette jolie église où jadis se dressaient 5 arbres : il n’en reste plus que 3 aujourd’hui. Juste à côté, un bouleau nous attend pour célébrer le rite de « simik » : chaque jeune fille, le jeudi précédent la Pentecôte, doit accrocher un morceau de laine dans l’arbre, faire un vœu et faire avec ses compagnes une ronde autour de l’arbre en chantant une chanson. On prend ensuite deux jeunes branches de bouleau qu’on enroule entre elles pour former une petite couronne et si on s’embrasse, on restera amies pour la vie…. (Nous avons toutes ensembles procédé à cette tradition pour faire accomplir le vœu de l’une d’entre nous).

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Nous arrivons à Oustpotcha (embouchure de la rivière Potcha), où jadis on faisait naviguer les troncs d’arbres par voie fluviale. Après avoir vu le forgeron à l’œuvre (Sergueï, un tout jeune garçon, qui s’est fait beau pour nous : pantalon de l’armée, chaussures de cuir et t-shirt propre….Je doute que ce soit sa vraie tenue de travail !), nous arrivons à la maison de Maria, qui nous a préparé notre repas de midi… avec LA tarte aux airelles… Quel enfer ! Très agréable moment d’écoute de chants et de participation aux danses locales qui nous sont présentés spontanément Ensuite, les master class divisent notre groupe en deux : en bas: les filles s’initient à l’écorce de bouleau et réalisent une salière, en haut, nous travaillons la laine et fabriquons une mini valenki : il faut d’abord carder la laine entre deux gros peignes, puis prendre de petits morceaux que l’on trempe dans de l’eau chaude savonneuse et dont on entoure une forme faite de deux morceaux de bois. On empile les couches de laine, on savonne, on lisse, on mouille, on essore, on lisse, on masse, on savonne, on lisse… jusqu’à ce que les couches adhèrent bien à la forme et que l’ensemble durcisse. Il suffit alors d’ôter les morceaux de bois… et voilà ! On imagine le temps nécessaire pour réaliser une bonne paire de bottes… Mais quel confort l’hiver !

En fin d’après-midi, nous avons rendez-vous chez un garde-forestier. De fait, ils sont cinq ou six, dans une clairière, attablés à une table en bois. Dégustation en extérieur d’une soupe préparée par les pêcheurs et cuite au feu du bois, de pirojkis maison, infusion aux herbes de la taïga. Partie de pêche annulée pour cause de mauvais temps et remplacée par une marche en forêt. Retour au village Vershinino afin de rassembler nos affaires en vue de notre départ.

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Bilan des agressions de moustiques et tiques effectué, nous prenons la route en chansons (ou presque !!) pour la gare de Plesetskaya. La tête encore plongée dans cette merveilleuse Russie profonde, hors du temps, nous prenons notre train de 0H40 pour une nuit de songes, avec le sentiment d’avoir découvert un peu de ce grand mystère qu’est l’âme russe…

Un grand MERCI à toutes ces personnes rencontrées au bout du monde mais également à ANA, notre guide, pour nous avoir fait vivre l’œuvre ‘ Les nuits Blanches’ ….

Sybille LE RODALLEC

 



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