P’tit voyage à Rostov/Don – Mai 2014

Notre guide Inna, jeune Ukrainienne installée ici depuis 6 ans, nous accueille pour un tour de ville.
Ce qui frappe, ce sont les larges avenues, le parc automobile en bon état, les routes pas trop défoncées. Il reste de très beaux immeubles aux façades travaillées du XIX, qui ont été remis en valeur.
D’ailleurs l’un d’eux abrite une pâtisserie renommée: Zoloto Koloc (l’épi d’or) où nous faisons un petit arrêt.

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De vastes promenades agrémentées de statues en bronze, de larges trottoirs, où à l’ombre fraîche des platanes ou des marronniers on peut déambuler, nous font tout de suite apprécier cette ville de 1 100 000 habitants, où on ressent l’ambiance du Sud : moins de frénésie…

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Située à un carrefour géographique idéal, nœud fluvial et terrestre entre l’Orient et l’Occident, la ville repose dans les plaines alluviales du Don, aux terres limoneuses fertiles.

 

Les fondateurs de la région étaient pêcheurs et paysans, et leurs territoires fortement convoités ont fait d’eux de redoutables guerriers : les cosaques. Capables de bravoure et de ruse, par leurs exploits ils ont gagné leur renommée jusque chez les Tsars de Russie, qui les ont employés comme mercenaires.
Mais en dépit de leur allégeance au tsar, ils ont conservés leur liberté et ne furent aucunement assujettis, comme les serfs…Au XVIII, la fille de Pierre Ier, Elisabeth fait installer une forteresse : la maison des douanes, dont il ne reste plus rien aujourd’hui.
Les plans d’époque font toutefois penser qu’elle devait ressembler à ces forts construits par Vauban…La présence de minerai, permet à Rostov de prendre le virage industriel du XIX, d’ailleurs les combinats russes (genre de moissonneuses batteuses) sont issus de Rostov, comme en témoigne l’architecture du théâtre Maxime Gorki  en forme de tracteur….A noter que c’est à Rostov que l’illustre écrivain, jeune alors, a travaillé comme docker…

De vastes promenades agrémentées de statues en bronze, de larges trottoirs, où à l’ombre fraîche des platanes ou des marronniers on peut déambuler, nous font tout de suite apprécier cette ville de 1 100 000 habitants, où on ressent l’ambiance du Sud : moins de frénésie…

L’église principale de Rostov est en réfection, c’est la troisième plus grande de Russie après Christ St Sauveur de Moscou et Christ sur le Sang Versé de St Petersburg. Mais d’autres petites églises, comme celle de Ste Anne valent le détour.

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Nous passons par Nakhichevan, autrefois ville arménienne distincte, aujourd’hui intégrée à Rostov. De petites maisons colorées, autrefois cossues, témoignent du passé commercial florissant. Puis nous descendons vers les berges du fleuve Don, où nous embarquons pour une petite balade fluviale bucolique. Au loin, les grues nous rappellent que nous sommes bien dans un port à l’activité importante, et on s’en convainc en croisant les lourdes et puissantes barges…

L’orage menace, et c’est sous une pluie battante, mêlée de grêle, et pataugeant dans les larges ruisseaux qui dévalent le long des trottoirs que nous rejoignons Inna, sous l’auvent d’une entrée d’immeuble, où elle compose le « domocode » de notre hôtesse de ce soir. Daria nous reçoit : elle était impatiente et excitée. Nous faisons connaissance : elle est sportive de haut niveau (aviron) et a porté la flamme olympique. C’est affalées sur son lit que nous visionnons les photos sur son ordinateur. Puis elle sort la flamme et la tenue olympique et nous faisons dans les rires une séance photos mémorable. Daria nous invite ensuite à passer à table et nous sert une excellente soupe Solyanka dans de superbes assiettes blanches en forme de saladier.

Rien qu’avec cela nous avons soupé ! Elle explique qu’elle a dû louer la vaisselle, car elle ne possède que 4 sets de couverts ! Assiette de crudités, de charcuterie et de fromage forment les zakouskis. Ensuite, elle nous sert de délicieuses schachliks de porc et poulet, où la viande marinée fond dans la bouche, accompagnées de pommes de terre. En dessert : elle a préparé une panacotta avec des fraises et des mandarines. On n’en peut plus, c’était exquis ! Le thé est bienvenu…Il reste beaucoup, elle a cuisiné pour 20 personnes ! Inna appelle le chauffeur qui ne se fait pas prier ! Pendant ce temps, nous décidons de faire la vaisselle, et c’est un joyeux ballet dans la cuisine !

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Le lendemain, nous partons pour Starotcherkask, ancienne capitale cosaque jusqu’au début du XIXème où, lassés par les inondations à répétition, les habitants déménagèrent pour Novotcherkask.
Nous déambulons dans les rues calmes et ombragées pour visiter la cathédrale de la Résurrection, et le palais de l’ataman (chef des cosaques), aujourd’hui un monastère, avec un musée, où nous plongeons dans le quotidien : la place du village (Maydan) où se réunissaient en cercle tous les hommes, quel que soit leur rang, pour prendre les décisions, les luttes féroces avec les Turcs, la Horde d’or…Nous déjeunons sur une agréable terrasse ombragée, écoutant le vent dans les arbres et le chant des oiseaux….

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Puis nous rejoignons Novotcherkask, où nous visitons le musée des cosaques, plongeant dans l’atmosphère fin XIX du palais d’un ataman. En fin de visite, un chœur de femmes en costume d’époque, après le traditionnel petit verre de vodka en guise de bienvenue, nous fait partager les chants cosaques, vibrants de bravoure et de vaillance.

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Visite de la gigantesque cathédrale, aux fresques colorées de tons doux.

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Nous partons pour Azov, cité de 80 000 habitants, à l’embouchure du Don, et à 12 km de la mer d’Azov, marquée elle aussi par l’histoire. Au XVème siècle, c’est l’empire ottoman qui est au pouvoir dans la région, abritant même, La Tana, une colonie de marchands vénitiens et génois. Ils construisent une forteresse.

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Azov, que les Cosaques après de nombreuses tentatives infructueuses finissent par conquérir et occuper en 1637. Le tsar Mikhail Romanov, craignant la guerre avec la Turquie, refuse son soutien aux Cosaques et 4 ans plus tard, après un siège de plusieurs mois laissant les 4000 hommes et femmes de la forteresse exsangues, les Turcs, forts d’une armée de 70 000 hommes reprennent la ville. Pierre le Grand la reconquiert, elle repasse chez les Turcs en 1711 pour revenir dans le giron russe en 1774. Aujourd’hui cette petite ville paisible abrite un musée assez extraordinaire. On y traverse des millénaires, avec des pièces encore jamais vues : un squelette d’ancêtre de l’éléphant – Trogonthérium (4,5 m.), seul dans le pays dont l’âge est de 600 mille ans et un autre de l’éléphant Dinothérium, dont l’âge est de 5 millions d’années.

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Nous passons alors à un siècle avant notre ère, avec le trésor des Sarmates, leurs rites funéraires et leur joaillerie finement ciselée….

Une balade nous emmène sur les hauteurs des anciens remparts où on aperçoit le Don et sa large plaine et la gare fluviale.
Nous visitons ce qu’il reste du fort, la poudrerie, pas loin d’une petite église au clocher original, en forme de campanile…

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Le déjeuner est pris dans une auberge locale où nous dégustons encore un poisson succulent, puis c’est le retour à l’aéroport de Rostov. A l’arrivée dans l’aérogare, nous sommes accueillies par deux français, ravis de nous entendre parler la langue : ils sont là depuis 10 jours, visiblement un peu perdus, ont déjà changé d’hôtel 2 fois, et travaillent sur le nouveau logiciel d’enregistrement des passagers et bagages….Pas possible d’être surclassées, il n’y a pas assez de place en business, mais ils nous mettent l’une à côté de l’autre…

 

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Voilà, Inna et Nikolai, notre chauffeur, repartent chez eux, et nous rentrons fortes d’avoir encore pu découvrir une région de Russie, rencontré des gens fiers de partager leur histoire et leur patrimoine….

Dominique Diboine – Mai 2014



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