P’tit voyage à Ryazan – Mai 2012

Encore une escapade, cette fois à environ 200 km au Sud Est de Moscou, à Ryazan, 14 filles et un garçon : le mari de l’une de nous, parfaitement bilingue, nous accompagne,  ce qui peut dépanner rapidement et éviter les longues explications avec  gestes à l’appui, dessins, engendrant parfois des quiproquos souvent comiques et parfois désagréables !

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Nous voici donc dans une campagne un peu différente : les bouleaux sont toujours là, mais le relief est un peu accidenté, de larges talus formant petits vallons encadrent le lit capricieux de la rivière Oka et ses méandres. Les isbas aperçues au bord des routes sont en meilleur état que celles que nous avons pu voir dans d’autres contrées, d’ailleurs beaucoup se surélèvent, voire, on construit en dur de larges maisons en briques à l’architecture massive, pas toujours harmonieuse. Le long de la route, de nombreuses publicités pour des matériaux de construction, et effectivement on relève plusieurs magasins et dépôts.

La vieille ville de Ryazan, harcelée par les Mongols dela Horde d’Or, a été entièrement détruite au XIIIème siècle et une nouvelle ville, Pereslavl-Ryazan a été alors fondée au confluent de 3 rivières à environ 50 km de l’ancien site. Aujourd’hui forte de 500 000 habitants, Ryazan, ainsi nommée par décret de Catherine II, perpétue l’éducation militaire : de nombreuses écoles forment les parachutistes et les officiers de l’armée et de la police.

Notre première halte est pour Konstantinovo, petit village alentour, abritant le musée de Serguei Essenin, un poète né en 1895, issu d’une famille modeste, mais qui a marqué son temps et surtout les femmes de son époque par sa beauté et son lyrisme. Marié trois fois en 4 ans, dont une avec Isadora Duncan de 18 ans son aînée, il a mis fin à sa vie tumultueuse à l’âge de 30 ans, dans des conditions non encore éclaircies. Nous sommes nous-mêmes tombées sous le charme du beau Serguei !  Et sur ses talons, nous visitons la demeure de Lydia Kachina, qui accueillait en son domaine quelque salon littéraire et a inspiré à notre héros le poème Anna Sneguina, connu de bon nombre de Russes….

Nous visitons ensuite le Kremlin de Ryazan : une vaste esplanade sur un promontoire jadis entouré de trois rivières, aujourd’hui quasi asséchées. Construits du XVème au XIXème siècle, église, cathédrale et monastère s’y côtoient, le plus curieux édifice étant la cathédrale du XVIIème siècle, bâtisse carrée haute de 3 étages, surmontée de clochers.  Les portes et les colonnes sont travaillées, et l’intérieur abrite 155 icônes anciennes.

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Malgré les embouteillages, nous atteignons notre hôtel, « Les Quatre Saisons », un peu excentré, mais où bien vite nous prenons nos marques, à l’étage du Printemps (nous le valons bien !). L’agréable véranda nous tend les bras pour un punch (merci Janique) fort bienvenu !

Le lendemain matin, nous pénétrons dans l’univers d’Ivan Pavlov : sa maison natale, flanquée d’un jardin soigné où fleurissent pivoines et iris, restitue l’atmosphère d’une famille de 5 enfants, dont le père, religieux, donne un côté studieux et ascète, et la mère, fée du logis, décore de dentelles et dessus de lits crochetés les pièces petites mais claires, occupées par les enfants tous brillants : un chimiste, un zoologiste…et Pavlov lui -même, physiologiste, célèbre pour ses études sur les réflexes conditionnés, qui lui valurent le premier prix Nobel russe en 1904.

Une petite surprise nous attend au détour d’une salle : un véritable goûter russe, organisé pour nous, ainsi qu’une petite conférence sur le samovar…

De retour au Kremlin, le palais du Prince Oleg nous ouvre les portes de son musée, où est reconstituée l’ancienne ville et tous les objets précieux qui y furent retrouvés.

Après la pause déjeuner, nous allons visiter le couvent de Solotcha, où, élégamment revêtues des jupes portefeuilles et des fichus distribués à l’entrée (hum!), nous apprécions le calme et la beauté de l’endroit.

Puis, nous rejoignons la galerie Tretiakovka de Ryazan, où la conservatrice nous emmène avec fougue et enthousiasme dans les salles en enfilade de son musée et nous commente avec passion et brio les tableaux de la collection, ma foi fort surprenante. Nous sommes même invités à un mini récital d’une jeune femme à la voix très agréable, qui, accompagnée de son pianiste, nous régale d’œuvres classiques et populaires.

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De retour à l’hôtel, nous souscrivons au désormais traditionnel  apéro, suivi du repas ; et pendant qu’une moitié du groupe fait une balade digestive, l’autre rejoint Konuchenniy Dvor, où les bâtiments font un peu penser à un village d’Allemagne avec des colombages. Là nous attend un bania très apprécié : piscine privative (enfin presque, pas vrai Caroline ?), salle conviviale…Le fouettage avec les vaniki est un moment redouté, mais attendu (maso ?), certaines en tombent même le maillot (elle se reconnaîtra !).Une façon fort agréable de clore deux journées chargées et de s’assurer une bonne nuit de sommeil !

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Le lendemain matin, nous reprenons la route vers Moscou, avec un crochet par Zaraysk, petite bourgade de 25 000 habitants. Il était temps qu’on s’arrête, n’est-ce pas Corinne ? Ce qui nous permet un petit tour de marché et quelques emplettes : cornichons, miel de sarrazin…La forteresse offre des murailles bien conservées avec leur chemin de ronde, entourant  la cathédrale Saint Nicolas datant du tout début du XXème siècle. Un petit mausolée rappelle la triste histoire de cette épouse de prince qui, pour échapper à l’ennemi voulant capturer les femmes, s’est jetée du haut de la tour avec son enfant…

En poursuivant vers Kolomna, nous ne sommes plus qu’à 110 km de Moscou : c’est une petite ville de 150 000 habitants, où fut développé le tramway, et dont le Kremlin, fort bien conservé avec ses remparts, rappelle un peu, par sa forme et sa taille, celui de Moscou. Au sortir du couvent paisible où les pèlerins viennent faire le plein d’une eau miraculeuse, nous ne pouvons qu’admirer les nombreuses maisons de bois colorées aux fenêtres magnifiquement décorées.

Notre dernière étape nous amène dans le musée de la pastilla, confiserie locale à base de pommes et de miel, où la dégustation se fait dans un cadre charmant et désuet autour d’une tasse de thé…

Encore des souvenirs, encore des paysages, encore des rencontres (« Didier, aidez-moi, s’il-vous-plaît ! »): je ne m’en lasse pas, et en rejoignant Moscou encombré, je me dis que ces petits voyages nous ouvrent les yeux sur une Russie bien différente de celle de  notre quotidien…



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